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Biographie

JEAN PIERRE MADER

Jean-Pierre Mader, une figure incontournable de la pop française des années 80 Avec « Disparue », « Macumba », « Un pied…

Jean-Pierre Mader interprétant Macumba pendant l’émission Village départ en 2012

Jean-Pierre Mader, une figure incontournable de la pop française des années 80

Avec « Disparue », « Macumba », « Un pied devant l’autre » ou encore « En résumé… en conclusion », Jean-Pierre Mader a signé plusieurs chansons emblématiques des années 1980. Ses mélodies entraînantes, ses arrangements électroniques et ses textes souvent plus graves qu’ils n’en ont l’air lui ont permis d’occuper une place particulière dans la chanson française.

Chanteur, auteur-compositeur, musicien et producteur, Jean-Pierre Mader ne s’est pas limité à sa carrière d’interprète. Après avoir connu le succès auprès du grand public, il a également travaillé dans l’ombre pour de nombreux artistes français.

Une jeunesse toulousaine

Jean-Pierre Mader naît le 21 juin 1955 à Toulouse, une ville à laquelle il restera profondément attaché. Il se passionne rapidement pour la musique, tout en poursuivant des études spécialisées en informatique.

Il commence sa carrière musicale comme bassiste au sein de Tangara, un groupe de rock toulousain. Il joue ensuite dans l’orchestre de bal Les Gaulois, formation par laquelle est également passé Francis Cabrel. Ces expériences lui permettent d’apprendre le métier sur scène, au contact direct du public.

Avant de devenir chanteur populaire, Jean-Pierre Mader connaît donc les bals, les groupes locaux et les longues soirées passées à interpréter des chansons devant des publics très différents.

Les premiers enregistrements

À la fin des années 1970, Jean-Pierre Mader commence à enregistrer ses propres chansons. Il publie notamment « Les Bandes dessinées » en 1978, un premier titre produit par Jean-Pierre Groscolas.

Sa rencontre avec l’auteur-compositeur et producteur toulousain Richard Seff joue ensuite un rôle déterminant dans sa carrière. Ensemble, ils développent une musique influencée par la pop britannique, la new wave et les instruments électroniques.

En 1982, Jean-Pierre Mader publie l’album « Faux Coupable ». Malgré un succès encore limité, le disque lui permet de préciser son style et de préparer les chansons qui vont bientôt le révéler au grand public.

Le succès de « Disparue »

En 1984, Jean-Pierre Mader connaît son premier véritable succès avec « Disparue ». Portée par une mélodie mélancolique, des sonorités électroniques et la présence du bandonéon, la chanson se distingue immédiatement dans le paysage musical français.

Derrière son apparence de chanson sentimentale, « Disparue » évoque une réalité beaucoup plus sombre : les enlèvements et les disparitions survenus pendant la dictature militaire en Argentine. Le texte fait notamment référence aux Ford Falcon utilisées par les groupes chargés des enlèvements.

La chanson atteint la dix-huitième place du Top 50 et permet à Jean-Pierre Mader de se faire connaître dans toute la France. Elle annonce une série de succès qui vont faire de lui l’un des artistes importants de la décennie.

« Macumba », le tube de l’année 1985

En 1985, Jean-Pierre Mader publie « Macumba », la chanson qui devient son plus grand succès. Son rythme dansant, son refrain immédiatement reconnaissable et ses arrangements synthétiques en font l’un des tubes majeurs de l’été.

Là encore, le texte est moins léger que la musique pourrait le laisser penser. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui quitte son île et ses bidonvilles en espérant commencer une nouvelle vie. Ses rêves se brisent lorsqu’elle devient danseuse dans un bar appelé le Macumba.

La chanson atteint la troisième place du Top 50 et reste classée pendant vingt-trois semaines. Elle devient définitivement associée au nom de Jean-Pierre Mader et continue, plusieurs décennies plus tard, de faire danser le public.

L’album « Microclimats »

Les succès « Disparue » et « Macumba » figurent sur l’album « Microclimats », publié en 1985. Le disque contient également « Un pied devant l’autre », qui atteint la huitième place du Top 50.

Cette chanson confirme le talent de Jean-Pierre Mader et de Richard Seff pour créer une pop française moderne, nourrie par les boîtes à rythmes, les claviers et les sonorités électroniques caractéristiques des années 1980.

Un quatrième extrait, « Jalousie », entre lui aussi dans le classement des ventes. En l’espace de quelques mois, Jean-Pierre Mader enchaîne ainsi trois grands succès populaires et devient un visage familier des émissions de télévision.

« Outsider » et la scène de l’Olympia

En 1986, Jean-Pierre Mader publie l’album « Outsider ». Le disque conserve les influences électroniques de ses précédents enregistrements, tout en accordant une place plus importante aux cuivres et aux musiciens.

Parmi les chansons de cette période figurent « Outsider dans son cœur », « Obsession », « Nuit de blues » et « Rêver plus beau ».

Jean-Pierre Mader se produit également sur la scène de l’Olympia. Un enregistrement de ce concert paraît en 1987 sous le titre « Mader en concert – Sous influences ». Cette période témoigne de l’importance prise par la scène dans son parcours et de sa volonté de ne pas rester uniquement un chanteur de studio.

« En résumé… en conclusion »

À la fin des années 1980, Jean-Pierre Mader collabore avec le producteur britannique Tony Mansfield, ancien membre du groupe New Musik. Cette rencontre donne naissance à l’album « Midi à Minuit », publié en 1989.

Le disque contient notamment « En résumé… en conclusion », une chanson écrite par Françoise Hardy. Le titre permet à Jean-Pierre Mader de retrouver le Top 50 en atteignant la trente-septième place.

Plus mélancolique que ses grands tubes dansants, cette chanson montre une autre facette de son interprétation. Elle est devenue, elle aussi, un titre régulièrement associé à son répertoire.

Une carrière de producteur et de réalisateur

Au début des années 1990, le paysage musical change et la carrière de Jean-Pierre Mader devient plus discrète. Il publie notamment l’album « J’Aère » en 1993, avec des chansons comme « Ici ou ailleurs » et le duo « India Song », enregistré avec Véronique Rivière.

Il décide alors de mettre son expérience au service d’autres interprètes. Comme compositeur, arrangeur, réalisateur ou producteur, il travaille notamment avec Michel Fugain, Philippe Léotard, Bernard Lavilliers, Ute Lemper, Art Mengo, Christophe, Dick Annegarn, Valérie Lagrange, Desireless et Les Fabulous Trobadors.

Cette partie moins visible de sa carrière montre l’étendue de ses compétences musicales. Jean-Pierre Mader maîtrise aussi bien l’écriture et la composition que l’enregistrement et la réalisation artistique d’un album.

Le retour des années 80

En 2007, Jean-Pierre Mader rejoint la tournée RFM Party 80, qui rassemble de nombreux artistes ayant connu le succès durant les années 1980. Le spectacle rencontre un immense succès et permet à une nouvelle génération de découvrir ses chansons.

En 2009, il enregistre avec Alec Mansion, ancien membre de Léopold Nord et Vous, le duo « Bruxelles-Toulouse ». Le titre se classe notamment en Belgique.

Jean-Pierre Mader apparaît ensuite dans le film « Stars 80 », sorti en 2012. Inspiré par l’aventure de ces tournées nostalgiques, le film réunit plusieurs artistes de l’époque dans leur propre rôle. Il participe également aux différentes tournées Stars 80 organisées dans les grandes salles françaises.

Loin de considérer cette nostalgie comme un poids, Jean-Pierre Mader retrouve sur scène le plaisir de partager des chansons qui sont devenues une partie de la mémoire collective.

De nouvelles versions de ses succès

En 2022, Jean-Pierre Mader participe à un projet musical organisé au profit du Sidaction. Avec Lio et Émile et Images, il enregistre une nouvelle version de « Macumba ».

Cette relecture confirme la popularité intacte du titre, près de quarante ans après sa première publication. Elle montre également que Jean-Pierre Mader continue d’utiliser ses chansons et sa notoriété pour participer à des projets collectifs et solidaires.

« Les Mots enfouis », un projet consacré à la mémoire

Jean-Pierre Mader collabore également avec Paul Monnier autour du projet « Les Mots enfouis ». Ce travail mêle chansons, témoignages, archives sonores et souvenirs liés aux villages disparus sous les eaux du barrage de Bort-les-Orgues.

Le projet aborde la mémoire, les racines, le déracinement et la transmission entre les générations. Il donne lieu à un album, un livre et un spectacle musical associant chansons originales, lectures et projections.

« On connaît ma chanson », le récit de son parcours

Jean-Pierre Mader publie également le livre « On connaît ma chanson », dans lequel il revient sur son parcours personnel et artistique.

Il y raconte ses débuts à Toulouse, les orchestres de bal, les années du Top 50, les émissions de télévision, la production musicale et l’aventure des tournées Stars 80 dans les Zéniths et au Stade de France.

L’ouvrage permet de découvrir l’homme qui se cache derrière les chansons et de comprendre comment un jeune musicien toulousain est devenu l’une des figures populaires des années 1980.

Une place particulière dans la chanson française

Jean-Pierre Mader reste aujourd’hui indissociable de la musique française des années 1980. Pourtant, son parcours ne se résume pas au seul succès de « Macumba ».

Musicien complet, il a su écrire des chansons populaires abordant parfois des sujets difficiles, produire des artistes aux univers très différents et retrouver son public grâce aux grandes tournées consacrées aux années 80.

« Disparue », « Macumba », « Un pied devant l’autre » et « En résumé… en conclusion » continuent d’être diffusées, chantées et transmises entre les générations. Des décennies après leur sortie, elles occupent toujours une place importante dans le patrimoine de la chanson française.

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